Collectifs Endogènes Conservationnistes

Communauté Bishnoï

Communauté Bishnoï

Rajasthan · Nord-Ouest de l'Inde
Population ~ 900 000 personnes
Région Désert de Thar
Districts de Jodhpur, Bikaner, Nagaur, Phalodi
Création 1485 Fondée par Sri Jambeshwar (1451–1536)
Projet de vie

Les Bishnoï forment ce que l’on nomme en Inde un sampradaya, une « communauté religieuse ». Celle-ci s’est constituée autour du guru Sri Jambeshwar dont les enseignements ont été transmis puis rassemblés en un livre, le SabadVani, et sur l’observance de 29 préceptes (les niyam), qui sont à l’origine de leur ethnonyme (bish : 20 ; noï : 9 en marwari).

Si à la fondation de la communauté le fait d’être Bishnoï dépendait d’une adhésion volontaire, cela est maintenant constitutif de la naissance. Cependant la cohésion du projet sociétal et religieux de la communauté dépend toujours de l’engagement de ses membres dans une éthique de vie structurée par ces 29 règles. Celles-ci concernent principalement des prescriptions ayant trait à des rituels et pratiques du quotidien, alimentant un idéal de pureté tant sur le plan physique que psychique, tandis que plusieurs d’entre-elles codifient précisément les relations aux animaux et aux végétaux. Bien qu’aujourd’hui les Bishnoï voient leurs valeurs et leurs pratiques malmenées par tout un ensemble de bouleversement et d’enjeux tant socio-économiques qu’écologiques (transformations des modes de vies, urbanisation des territoires, expansion des systèmes agricoles productivistes) le respect et l’application de ces niyam reste néanmoins au cœur de leur attachement identitaire et spirituel.
L'Akhil Bhartiya Bishnoi Maha Sabha (ABBMS), une organisation nationale créée en 1936, réunit des représentants religieux et politiques chargés protéger les valeurs et l’éthique du bishnoïsme, d’entretenir les temples et d’organiser les grandes fêtes religieuses, de discuter et de statuer des enjeux sociétaux impactant la communauté.

BIPA Cambodge

Bunong Indigenous Peoples Association (BIPA)

Province de Mondulkiri · Cambodge
Population 17 personnes dans l'équipe dirigeante + environ 175 membres (étudiants, paysans)
Région L’association est active à travers toute la province
(14 288 km2)
Création 2009 Fondée par PRAK Neth
Projet de vie

La Bunong Indigenous People Association (BIPA) a pour vocation de s’engager auprès des leurs pour défendre leurs terres et forêts face à des entreprises agro-industrielles et pour soutenir d’autres jeunes Bunongs à poursuivre leurs études.

BIPA regroupe des personnes qui s’identifient eux-mêmes comme Bunongs, l’une des 24 « minorités autochtones » officiellement reconnues au Cambodge. Elle est implantée dans la province de Mondulkiri où se situent les terres ancestrales des habitants bunongs du Cambodge. BIPA a été créée par de jeunes Bunongs éduqués et enregistrée en tant qu’association auprès des instances cambodgiennes en 2016. Son objectif est de s’organiser face à un développement rapide et violent des hautes terres, où des forêts d’esprits et des champs familiaux furent détruits pour faire place à des plantations commerciales de grande échelle. Dans un contexte où le manque de terres ne permet plus de pratiquer l’essartage de manière durable, un de ses projets consiste à accompagner les paysans locaux dans la transition vers d’autres formes d’agriculture. Cela implique l’investissement dans des cultures commerciales, mais avec une volonté d’en amortir les chocs à échelle locale.
L'association est structurée selon les règles en vigueur au Cambodge (directeur, comité exécutif, comité consultatif), avec quelques employés (comptable, vétérinaire, agronome, éducatrice), des volontaires et des membres.
Au sein de BIPA il y a la volonté de favoriser la compréhension mutuelle entre personnes bunongs aux pratiques spirituelles différentes: animisme, christianisme (catholicisme, protestantisme) et boudhisme.

Communauté Kanekes

Communauté Kanekes

Java · Indonésie
Population ~15 000 personnes
Superficie 50 km²
Création XVIe siècle
Fondée par l’« ancêtre unique » Battara Tunggal
Projet de vie

Les Kanekes de Banten, en Indonésie, constituent une « communauté autochtone » (masayarakat adat), composée d’environ 15 000 personnes (chiffre non officiel). Ils vivent autour du mont Kendeng et protègent les sources qui irriguent les plaines de la région en pratiquant l’agriculture sur brûlis et en accomplissant des rituels destinés à maintenir l’ordre socio-cosmique. Leur organisation sociale est régie par des règles strictes en matière de parenté, d’agroforesterie et de technologie (construction, énergie, textile, etc.). Sous la pression démographique et attirée par les promesses matérielles de la modernité, une partie de cette société montagnarde trouve un soutien auprès de fondations musulmanes extérieures qui lui offrent des soins, une éducation et des ressources alimentaires. Les familles déploient par ailleurs des stratégies d’installation à la lisière du territoire coutumier afin de concilier protection rituelle et accès au confort moderne.
Le mode de gouvernance fonctionne en organisation concentrique, avec des représentants religieux et politiques et des délégués administratifs à la périphérie.
Les pratiques culturelles et religieuses associent un animisme teinté d’islam, centré autour de l’ancêtre apical, de la déesse du riz et de forces invisibles protectrices du lieu.